vendredi, février 03, 2006

Angua



Je peux à peine respirer… Quel est ce gout acre dans ma gorge… mon sang ? Et cette douleur…
On dit que toute notre vie défile devant nos yeux avant de mourir… c’est faux… je ne vois même plus rien… il me reste juste cette douleur et le son de mes râles.

Quelle est cette douce caresse sur mon front, suis-je déjà morte ? Non, la souffrance est toujours présente… je délire sans doute…
Une voix maintenant… une voix douce qui chante… étrange... finalement il existe peut être un paradis pour les elfes…

J’essaie d’ouvrir un œil mais une lumière aveuglante m’en empêche… ma main se porte sur mon flanc cherchant la lame qui s’y était enfoncée… mais le mouvement demande trop d’effort, je me sens sombrer à nouveau…

J’ai soif… ma voix résonne faiblement à mon oreille… je sens qu’on porte un verre contenant une étrange boisson odorante… je parviens à boire une gorgée… une main maintient ma nuque pour ne pas que je m’étrangle… mais ma vision est floue…

Cela doit faire quelques jours que je suis ici… je peux enfin ouvrir les yeux… ma plaie est pansée et je ne souffre presque plus… un médecin n’aurait pu me remettre sur pied si vite… Je sens cette présence, je sais que la personne qui m’a secouru n’est pas loin mais je ne l’ai encore pas aperçut.
Présence discrète, odeur délicate… je sens que c’est un ou une elfe comme moi… une femme probablement d’après la voix que j’ai entendu chanter.
Le soleil entre à flot par la fenêtre, je cherche à déterminer ou je suis…

Cela fait trop longtemps que je suis au lit, j’ai perdu trop de temps. Mes vêtements, du moins ce qu’il en reste sont posés sur une chaise. Je me lève en grimaçant, les soins ont eut beau être efficaces, la blessure est récente et profonde… je titube, je vais tomber… je sens une main ferme me retenir et une voix douce murmurer à mon oreille :

« Et bien ma jeune amie, où comptez-vous aller comme cela… »

Je me retourne et me retrouve en face d’une elfe qui n’a pas l’air beaucoup plus âgée que moi, cependant je peux lire une telle tristesse dans son regard que ma gorge se noue. Elle me regarde en souriant.

« Je me nomme Jolane, je suis druide et je vous ai trouvé en mauvaises postures il y a déjà plusieurs semaines… »

« Plusieurs semaines ! » m’écrais-je « Je ne peux rester, je dois partir »

Mais non, je ne pouvais pas, je me sentais si faible… Jolane pose une main rassurante sur mon épaule en m’obligeant à m’asseoir.

« Vous n’irez nulle par dans cet état, jeune fille, et puis je vous aiderais ensuite pour ce qu’il vous reste à faire… » « Vous avez beaucoup parlé dans votre sommeil… il faut que nous parlions mais avant si vous me disiez votre nom… »

« Angua… »